Cathédrale Saint Maurice
Adresse: 4, Rue Saint Christophe, 49100 Angers
Tel : +33 2 41 87 58 45
Horaires : lun-dim 8am-7pm
La première église d'Angers date du IVe siècle. Elle est dédiée à la Vierge. Lorsque Saint Martin offre à Angers des fioles contenant le sang de martyrs, parmi lesquels on trouve Saint Maurice, la cathédrale change de titulature, après une période de coexistence entre les deux patronages. Dominant la rive gauche de la Maine, elle se dresse en haut d'un escalier monumental.
L'église est reconstruite au VIIIe siècle. Elle bénéficie d'une durable protection carolingienne. Un premier incendie entraîne une reconstruction au IXe siècle, engagée par l'évêque Hubert de Vendôme. En 1032, un nouvel incendie détruit en grande partie le travail accompli.
L'évêque Geoffroy de Tours entreprend une remise en état à la fin du XIe siècle. La nef est reconstruite dans la première moitié du XIIe siècle. Il s'agit d'une des premières nefs dotées d'une voûte d'ogives (après Saint Denis). Elle est achevée vers 1153. Le transept est reconstruit de 1190 à 1236. Le choeur est agrandi à partir de 1274. À la fin du XVe siècle, la cathédrale reçoit en don la splendide tapisserie de l'Apocalypse, qui est utilisée comme parure dans les grandes occasions. Cette tapisserie fut offerte par le roi René d'Anjou mais elle avait été commandée en 1373 pour décorer les palais de Louis Ier d'Anjou. Elle illustre l'Apocalypse selon saint Jean en dix-huit tableaux élaborés à partir des dessins d'Hennequin de Bruges, et tissée par le parisien Nicolas Bataille. Elle est maintenant conservée au château d'Angers dans un bâtiment neuf construit spécialement à cette fin.
La cathédrale subit par la suite diverses avaries assez courantes : un clocher qui prend feu en 1533, un sac protestant en 1562 et des remaniements malencontreux. En 1745, le trumeau est détruit et les statues d'apôtres qui ornaient le linteau sont remplacés par un arc en granit. Les révolutionnaires font main basse sur le trésor de la cathédrale mais épargnent la tenture de l'Apocalypse.
Au XIXe siècle, des restaurations sont entreprises. Les flèches sont reconstruites au début du XXe siècle.
La façade occidentale n'est pas harmonique, puisqu'elle ne comporte qu'un portail, sculpté entre 1155 et 1165. Il était précédé d'un avant-porche qui a été détruit en 1807. Au-dessus de ce portail, une grande baie cintrée est entourée d'arcatures aveugles. Le haut du massif se compose d'une galerie de huit niches abritant des statues de chevaliers et de deux baies étroites entourées, là encore, d'arcatures aveugles. Enfin, au-delà d'une balustrade, on trouve une tour couverte d'une coupole, qui date du XVIe siècle. Sur les côtés s'élèvent deux tours dont les premiers niveaux sont ornés de bandes lombardes. Le second niveau est rythmé par quatre grandes arcatures. Au nord comme au sud, les deux arcades placées aux extrémités sont aveugles. Mais au nord, les deux arcades centrales sont divisées en deux verticalement et encadrent quatre petites baies. Au sud, les deux arcades centrales sont ouvertes. Les deux tours sont surmontées de hautes flèches, entourées de lanternons.
Le portail, bien qu'un peu écrasé par la hauteur de la façade, est l'élément le plus intéressant. Le tympan est consacré à l'Apocalypse. On y voit le Christ entouré du tétramorphe. Les vieillards se trouvent dans deux des quatre voussures. Dans les deux autres voussures, on voit des anges. Le linteau a été complètement démoli au XVIIIe siècle.
Le transept sud est dépourvu d'entrée monumentale. Il est dominée par une rose rayonnante, inscrit dans un arc brisé. Le pignon qui surplombe l'ensemble est orné de quatre arcades, dont deux aveugles aux extrémités.
Le chevet est très sobre. Dépourvu d'arcs-boutants, il est divisé verticalement par de minces contreforts. Le seul décor est constitué par les baies à deux lancettes surmontées de roses. Une balustrade court entre les contreforts.
La nef se compose d'un vaisseau unique de trois travées. L'élévation est à deux niveaux. Une galerie de circulation, avec une balustrade en fer forgé, court devant les fenêtres, composées de deux baies cintrées et géminées par travée. Le premier niveau est composé d'une arcade aveugle formant une sorte de niche peu profonde.
La nef est voûtée d'ogives de type gothique angevin (ou Plantagenêt), ce qui signifie qu'elles sont bombées de telle sorte que la clef de voûte est plus élevée que la clef des arcs formerets et doubleaux.
Chaque croisillon du transept comporte une seule travée dont l'élévation est presque semblable à celle de la nef (la large arcade aveugle est remplacée par plusieurs petites). Les murs de fond reprennent également cette élévation, en substituant une rose aux fenêtres. Les voûtes, plus tardives et plus complexes, sont octopartites.
Le choeur date de la fin du XIIe siècle. Il est coupé de la nef et du transept par un autel baroque. On y trouve la galerie de circulation déjà présente dans la nef et le transept. Le rond-point, à sept pans, est éclairée par des baies à deux lancettes surmontées de roses. Il est précédé d'une travée droite à voûte octopartite. Il contient un baldaquin, executé entre 1754 et 1758, très opulent qui a échappé aux puristes du XIXe siècle.
Les plus anciens documents relatifs au grand orgue de la cathédrale d'Angers remontent à 1369. En 1417, Jean Chabenbel installe un orgue entièrement neuf, dans un buffet de Jean Le Flamand, sur une tribune en encorbellement sous la verrière de la façade. Mais le 7 juillet 1451, la foudre dévasta les tours de la cathédrale et les orgues furent totalement détruites. Sitôt la cathédrale remise en état, on se préoccupa d'y construire un orgue neuf, sur une tribune étendue à toute la largeur de la nef, et qui allait subsister jusqu'au XVIIIème siècle.
De 1507 à 1512, un nouvel orgue fut édifié grâce aux libéralités d'Anne de Bretagne, par Ponthus Jousseline, dans un buffet de Jacques Colleau orné des effigies de la Reine Anne et du Roi Louis XII, avec positif dorsal et deux trompes, soutenant des tuyaux de 32 pieds...
Le 18 octobre 1533, l'orgue était à nouveau dévasté par le feu. On en confia la réfection à Pierre Bert qui s'engage à reconstruire l'instrument à lui redonner tout son lustre d'antan. Après ces travaux, l'orgue possédait trois claviers et 29 jeux.
Suite à un nouvel incendie le 25 mai 1617, Jacques Girardet agrandit encore l'instrument et en fait l'un des meilleurs de France avec ses 47 jeux. Il semble que jusqu'alors l'orgue n'ait pas eu de pédalier, puisqu'en 1701, Marin Ingoult intervient pour ajouter un pédalier.
Le vénérable buffet allait finalement être remplacé au XVIIIème siècle par la boiserie actuelle, commandée en 1742 à Louis Hamon et exécutée, suite à la faillite de ce dernier, par Pierre-Étienne Surugue. La partie instrumentale, restaurée par Jean Dangeville, comportait alors 47 jeux. L'instrument fut reçu le 10 mai 1748. Cet orgue traversa sans dommages la révolution, puis survécut au long des années, grâce aux travaux menés par divers facteurs : Christian Nyssen, Louis Lair, les frères Claude...
Le 17 février 1869, Aristide Cavaillé-Coll soumet une proposition, au coût de 55 900F, pour la restauration de l'instrument. Le contrat est signé le 14 juin 1870 pour un coût de 60 000F. Trois ans plus tard, après en avoir modifié l'esthétique, il livrait un instrument quasiment neuf: le quatrième clavier disparut, le Récit court de Dangeville fut remplacé par un clavier complet doté de 10 jeux. Certains jeux de mixtures furent remplacés par des timbres romantiques, tels l'Unda Maris du Positif et les flûtes harmoniques. Il maintint le Positif de dos, ce qui ne fut pas toujours le cas dans ses restaurations. Le concert inaugural fut joué par Alexandre Guilmant le 28 août 1873.
Deux relevages effectués par la maison Debierre, de Nantes, en 1901 et 1937, n'apportèrent que de légères modifications à l'orgue de Cavaillé-Coll. L'orgue, durement éprouvé par les bombardements de 1944, a été restauré, de 1957 à 1959, par les établissements Beuchet-Debierre, électrifié et augmenté de 19 jeux nouveaux et ce sans toucher à l'harmonie des jeux d'origine ni avoir à ajouter un quatrième clavier. Les claviers manuels sont portés de 54 à 56 notes. Il fut inauguré en novembre 1959 par Marcel Dupré.
La tribune ainsi que le buffet ont été classifiés "monuments historiques" en mars 1977. En 1991, Yves Sévère effectue une réfection des peausseries.