Abbaye Saint-Césaire
L'abbaye Saint-Césaire initialement appelée Monastère Saint-Jean, est un monastère de femmes, installé à l'intérieur de la cité d'Arles dans l'angle sud-est du rempart où sous le nom de Saint-Césaire, il est demeuré jusqu'à la Révolution.
Le Monastère Saint-Jean est fondé le 26 août 512 par l'archevêque d'Arles, Césaire qui en nomme sa sœur Césarie, première abbesse. Ce monastère fait suite à une première tentative d'implantation hors de murs dans les années 506-507 détruite par les troupes franques et burgondes lors du siège d'Arles en 507-508. Un peu plus d'un demi-siècle plus tard, probablement en 567, une épouse du roi de Bourgogne Gontran, y est enfermée. Le monastère paraît avoir cessé d'exister du VIIe au IXe siècle. En 887, dans son testament l'archevêque d'Arles, Rostan, donne un nouveau départ à l'abbaye. Elle connait ensuite une période de sujétion à l'archevêque et d'indépendance. En 972, elle retrouve son autonomie sous la direction de l'abbesse Ermengarde nommée par l'archevêque d'Arles Ithier. Vingt ans plus tard, le marquis de Provence Guillaume Ier lui restitue d'importants domaines. En 1194, le pape Célestin III la replace sous son autorité directe.
Du VIe siècle au XIIIe siècle, l'abbaye Saint-Jean apparait comme un grand propriétaire foncier doté initialement par Césaire puis par Rostan dans leurs testaments, et enrichi par des achats ainsi que de nombreuses donations. Ainsi en 972, la villa de Niomes est citée dans un acte de donation des églises Saint-Vincent et Saint-Ferréol de Nions à l'abbaye Saint-Césaire. L'abbaye possède aussi un des trois cimetières des Alyscamps comme l'évoque une sentence arbitrale de 1121 fixant les droits de sépulture respectifs avec celui de Saint-Honorat.
Au XIVe siècle, l'abbaye se transforme en exploitant agricole dans ses domaines de Camargue (Agon, Granouillet) initialement en exploitation directe, puis au XVe siècle, compte-tenu de l'insécurité et de l'accroissement des coûts de main-d'oeuvre sous la forme de métayage ou de fermage à l'instar des Hospitaliers[2].
La crise démographique liée en grande partie aux épidémies de peste, qui fait perdre à Arles plus de la moitié de sa population entre 1320 et 1430, touche encore plus durement la communauté de moniales d'origine essentiellement arlésienne et noble, dont le nombre passe de 108 en 1343 à 22 en 1428[3]. A cette époque, l'abbaye se heurte à plusieurs reprises à l'archevêque et est secouée par des conflits internes liés à la personnalité des moniales ainsi qu'à la discipline monastique qui se relâche sensiblement[4]. Le problème ne semble toujours pas résolu à la fin du XVe siècle, quand une moniale décide de quitter le monastère pour rejoindre une autre commauté à Aix, en raison de la légéreté des moeurs de l'abbaye.
Au milieu des années 1630, l'archevêque d'Arles Jean Jaubert de Barrault introduit la réforme bénédictine de Saint-Maur dans le monastère[5]. Sous la Révolution le couvent est fermé puis vendu en 1792 comme bien national. Il est alors détruit en grande partie. Dans les années 1890, le site transformé en asile pour personnes âgées devient l'hospice Saint-Césaire.