Abbaye de Montmajour
Adresse: Route de Fontvielle, 13200 Arles
Tel : +33 4.90.54.64.17
L'abbaye de Montmajour est un ensemble monastique situé à environ quatre kilomètres au nord-est d'Arles dans le département des Bouches-du-Rhône (France).
En octobre 949, Teucinde, une femme de l'aristocratie Bourguignonne qui a suivi Hugues d'Arles en Provence, également soeur du prévôt du chapitre Gontard, achète l'île de Montmajour qui appartient à l'archevêché d'Arles Manassès et en fait donation aux religieux qui y vivent ; l'abbaye est fondée. Teucinde confirme sa donation en 977. Dès 960, de nombreuses autres donations sont effectuées en faveur de l'abbaye à l'époque de son premier abbé Mauring et de son premier prieur Pons. En 963, le pape Léon III place le monastère sous son autorité directe.
Construite sur un rocher entouré de marais par des moines bénédictins, la petite abbaye Saint-Pierre étend rapidement son influence à Arles et en Provence grâce à un vaste réseau de prieurés (jusque cinquante-six au XIIIe siècle) et au pèlerinage de la Sainte-Croix, fondé en 1019. Le 3 mai 1019, le pèlerinage de Montmajour appelé Pardon de Montmajour est créé ; ce pardon est institué sous l'abbé Lambert, lors de la consécration de la première église Notre-Dame, en cours de construction, par l'archevêque d'Arles Pons de Marignane qui accorde à cette occasion la première indulgence historiquement attestée. Pendant tout le Moyen-Âge, l'abbaye draîne tous les 3 mai de nombreux fidèles de la région, jusqu'à 150.000 pélerins d'après Bertrand Boysset, un chroniqueur arlésien de la fin du XIVe siècle.
Elle devient au XIe siècle nécropole des comtes de Provence. En effet, en 1018 a lieu l'inhumation du comte Guillaume II, en 1026, celle de la comtesse Adelaïde et en 1063, celle du comte Geoffroy. Tous les trois sont inhumés initialement dans la crypte du XIe siècle avant d'être transférés au XIIe siècle au cloître.
En 1405, l'abbaye perd l'indépendance de son abbatiat et se trouve rattachée à l'archevêché d'Arles. Commence alors un long conflit avec son prieuré de Saint-Antoine-en-Viennois qui réussit même à s'annexer temporairement Montmajour en 1490. Les dissenssions portent en particulier sur les reliques de saint Antoine disputées par les deux monastères. Le querelle apaisée, l'abbaye mise en commende et ses prieurés ne cessent de régresser. Beaucoup passent à d'autres ordres ou à des laïcs contre un cens versé à l'abbaye-mère.
L'archevêque d'Arles, Jean Jaubert de Barrault y introduit la réforme bénédictine de Saint-Maur, mais il se heurte à une forte opposition des moines. Il doit faire appel en 1638 à des lettre patentes du roi l'autorisant si nécessaire à recourir à l'Intendant de Provence pour imposer le concordat de 1639. Les Mauristes prennent possession de ce monastère à la Saint-Michel 1639[2].
Sous leur direction, des extensions sont entreprises : le lundi de Pâques 1703 l'archevêque d'Arles, François de Mailly pose la première pierre des nouveaux bâtiments conventuels de l'abbaye[3].
En 1726, un incendie très important nécessite des travaux de reconstruction, dirigés par l'architecte Jean Baptiste Franque.
L'abbaye est sécularisée en 1786 et à la Révolution, vendue comme bien national. Les bâtiments, pour la plupart fort dégradés ou partiellement détruits, sont rachetés par la ville d'Arles en 1838. L'abbaye est classée Monument historique à partir de 1845 et les bâtiments restaurés sous le Second Empire, sous la direction d'Henri Antoine Révoil. Depuis 1945, l'abbaye est propriété d'État.