Église Saint-Joseph travailleur d'Avignon
Adresse: 27 avenue Gambetta, 84000 Avignon
Tél. 04 90 16 73 73.
L' Église Saint-Joseph travailleur, est une église paroissiale à l'architecture résolument moderne, commandée par le diocèse d'Avignon, dans le département du Vaucluse, pour équiper un nouveau quartier, dans la périphérie sud de la ville, dépourvu de lieu de culte. Elle a été édifiée dans la deuxième moitié du XXe siècle par l' architecte français Guillaume Gillet (1912-1987), originaire de l' Oise. Construite de 1967 à 1969, elle a été consacrée le 19 octobre 1969.
L'Église Saint-Joseph travailleur et le centre paroissial attenant constituent un ensemble de béton armé relativement élégant et aérien, qui renouvelle la vision de l'architecture sacrée dans la cité des papes, marquée jusqu'alors par les chantiers de la papauté d'Avignon au XIVe siècle. Cette construction s'inscrit dans la continuité de la modernité architecturale des années cinquante, mise en œuvre par Guillaume Gillet lors de la reconstruction de Royan (Charente-Maritime), dont il a eu la charge. L'église en totalité et les façades et toitures du centre paroissial ont été inscrits à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques par arrêté du 22 décembre 1993. L'édifice a été labellisé " Patrimoine du XXe siècle " par le ministère de la Culture.
L'architecte a su tirer le meilleur parti de l'espace, et cette déclinaison du triangle, symbolisant la Trinité divine, qui aurait pu constituer une contrainte insurmontable, devient le principe d'organisation de tout le centre paroissial. Chaque pointe du triangle de départ est elle-même occupée par un point fort, également triangulaire : à l'est, l'église, au nord, un cloître d'hiver protégé par une verrière pyramidale, au sud-ouest, une salle de conférences. Une aile doit recevoir le presbytère et ses annexes, une autre les salles de catéchisme, la troisième une galerie couverte refermant l'ensemble autour d'une vaste place hexagonale. Cette dernière partie, de même que la salle de conférences, ne sera pas réalisée, en raison de contraintes budgétaires.
Un vocabulaire architectural commun rapproche les différentes églises construites par Guillaume Gillet. Ces édifices sont des systèmes constructifs résolument modernes et représentent des variations sur des formes géométriques. Son esthétique est celle du béton brut de décoffrage, avec emploi du bois. Ce choix, associé à la couverture en feuilles de cuivre aujourd'hui oxydée dans une belle patine verte, inscrivent délibérément l'édifice parmi les sanctuaires à l'architecture d'avant-garde, qui tranche avec le style traditionnel romano-provençal, encore utilisé en 1941 pour la construction de l' Église Notre-Dame-de-Lourdes.
Comme à son habitude, Guillaume Gillet a travaillé en relation étroite avec un ingénieur, qu'il avait d'ailleurs déjà associé à la conception de deux autres de ses églises à paraboloïdes hyperboliques. L'Avignonnais Charles André fut l'architecte d'opération. Parmi les artistes intervenus dans la décoration de Saint-Joseph travailleur figurent l'abbé Roy lui-même, créateur des vitraux et le ferronnier Watkin, auteur de la croix qui surmonte la flèche.