Église Notre-Dame de Dijon
Adresse: Place Notre Dame, 21000, Dijon
Tel : +33 3 80 49 91 26
Internet: http://www.notre-dame-dijon.net
L'église Notre-Dame de Dijon est un chef-d'œuvre d'architecture gothique du XIIIe siècle, située au cœur des 93 ha du secteur sauvegardé de Dijon. Elle est située derrière le Palais des ducs et des Etats de Bourgogne et fait face à la rue Musette. On estime que la construction de l'édifice sous sa forme actuelle a débuté aux alentours de 1220.
Cette église de dimensions modestes abrite plusieurs symboles et attractions touristiques de la ville de Dijon, au nombre desquels Notre-Dame de Bon-Espoir, ancienne Vierge noire ; le Jacquemart ramené de Courtrai, et la chouette.
À l'emplacement de Notre-Dame se trouve à l'origine, avant la seconde moitié du XIIe siècle, une simple chapelle. Elle est située en dehors de l'enceinte de la cité et est dénommée chapelle Sainte-Marie.
Semble-t-il après 1150, la chapelle est rasée pour être reconstruite dans le style roman. C'est environ 70 ans plus tard que l'église prend la forme qui est sienne aujourd'hui. Notre-Dame étant située au milieu d'un quartier populaire, la place fait défaut et l'architecte use de nombreuses techniques inédites pour ériger l'église. Par exemple, tout le poids de la charpente et de la toiture repose sur les piliers et non sur des arcs-boutants, permettant ainsi d'utiliser un maximum de surface au sol pour l'intérieur de l'église, dont les dimensions étonnent lorsque l'on y pénètre.
Selon de Jolimont[2], " la partie la plus remarquable est le portail principal, unique dans son genre ". La façade occidentale, mesurant environ 28,6m de haut sur 19,5 m de large et 6,2 m de profondeur, est divisée en trois étages, dont le premier est occupé par trois grandes arcades entièrement ouvertes, formant l'entrée d'un vaste péristyle ou porche, dont les voûtes sont soutenues par deux rangs de piliers. Ce porche précède les trois portes de l'église, dont les voussures, le tympan et les parois latérales étaient ornés de statues et de sculptures jusqu'en 1794[3].
Les deux autres étages sont deux galeries d'arcatures superposées, composées chacune de dix-sept colonnes d'un seul morceau, couronnées de leur chapiteau et d'un petit arc ogive, et soulignées par trois bandeaux ornés de fausses gargouilles.
Des contreforts, dont la partie supérieure prend la forme d'une petite tourelle ronde en encorbellement, flanquent les deux angles de la façade. Sur l'amorce de la tour sud de la façade s'élève un campanile supportant le Jacquemart.
Précision d'importance : les " gargouilles " de Notre-Dame de Dijon n'en ont jamais été, il ne s'agit que de sculptures ornementales. Les gargouilles doivent leur nom à leur rôle d'évacuation des eaux de pluie et au bruit de gargouillis caractéristique qu'elles produisent, ce qui n'a jamais été le cas à Notre-Dame. L'église comporte cependant quelques vraies gargouilles, mais elles sont situées sur les murs gouttereaux, à l'aplomb de la rue de la Chouette (au nord) et de la sacristie (au sud).
La façade comporte 51 fausses gargouilles grotesques à visages anthropomorphiques ou d'inspiration animale et mythologique. Celles que l'on peut admirer aujourd'hui datent d'une restauration effectuée en 1880 et 1881 et sont l'œuvre de sept sculpteurs parisiens[4]. Elles ont été attribuées à tort au seul sculpteur Lagoule. Selon le récit du moine Etienne de Bourbon[5], les sculptures originelles n'ont pas conservé leur place bien longtemps, à part celle située à l'extrémité droite du dernier étage de colonnades[6] : elles ont été déposées dès 1240 environ, à la suite d'un accident mortel. En effet, un usurier trouva la mort sur le parvis de l'église le jour de ses noces, après qu'une figure de pierre représentant justement un usurier se soit détachée, le tuant sur le coup[7]. Les confrères de la victime auraient alors obtenu le démantèlement de toutes les fausses gargouilles de la façade.