Abbaye de Saint Victor
Adresse: 3 Rue de l'Abbaye, Marseille, 13007
Téléphone: +33 496 11 2260
Fax: +33 496 11 2261
Internet: http://www.saintvictor.net/
Horaires: Tous les jours de 9H00 à 19H00 sans interruption
Prix: L'entrée des cryptes est de 2 euros et d'1 euro pour les enfants
L'abbaye de Saint-Victor de Marseille, fondée au Ve siècle par Saint Jean Cassien, à proximité des tombes des saints martyrs de Marseille, parmi lesquels Saint Victor de Marseille († en 303 ou 304), qui lui donna son nom, est, depuis plus de 1 700 ans un des hauts lieux du catholicisme dans le sud de la France.
Sous l'empire romain, le site de l'abbaye est d'abord une carrière puis devient une nécropole chrétienne peut-être bâtie autour des dépouilles des martyrs Volusianus et Fortunatus. Victor, le martyr qui fut décapité et qui a donné son nom à l'abbaye a été officier dans une légion thébaine entièrement composée de chrétiens et massacrée par l'empereur Maximien Hercule en l'an 302, selon Euchère, archevêque de Lyon au milieu du Ve siècle.
C'est autour de cette grotte que le monastère a été fondé, hors les murs de Marseille, par Jean Cassien aux environs de 415 et l'église en 440.
De 750 à 960, Saint-Victor est la résidence des évêques de Marseille. Charlemagne fait une donation (confirmée par Louis le Pieux et par son fils Lothaire Ier) à l'abbaye concernant " le droit sur le sel et autres marchandises, ainsi que des droits de douanes et d'ancrage sur les bâtiments venant au port de la ville de Marseille ". Assurant par ailleurs la puissante abbaye de sa protection, Lothaire accroît le contrôle impérial sur les régions du sud de la France.
Vers la fin du IXe - début Xe siècle, la puissance de l'abbaye bénédictine de Saint-Victor de Marseille est mise à mal par les raids barbares qui la ruineront entièrement.
Honorat II, chargé de l'épiscopat de la ville en 948 et parent du premier vicomte de Marseille, reconstruit l'abbaye et y rétablit la vie monastique. Son parent Pons Ier, évêque en 977, continue son oeuvre. Le premier abbé de Saint Victor sera Wilfredus (ou Guilfred), en 1005. Ce dernier reconstruira l'abbaye, dévastée par les Sarrasins, et en fera un lieu prospère, renommé et exemplaire qui obtiendra du pape Jean XVIII d'importantes concessions qui seront par la suite confirmées et étendues par de nombreux papes.
Aux alentours de 1020 et jusqu'en 1047, le moine Catalan Isarn est abbé de Saint-Victor. Sa promotion de la puissance de l'abbaye est spectaculaire : en 1040, le pape Benoît IX consacre l'église, et après sa mort le 24 septembre 1047, Isarn sera canonisé.
Le 28 septembre 1362, Guillaume Grimoard, Abbé de Saint-Victor, est élu pape et prend le nom d'Urbain V. Après sa mort en Avignon, ses restes sont transportés à Saint-Victor dont il n'a jamais cessé d'être le bienfaiteur.
De 1570 à 1588, Jules de Medicis est abbé de Saint-Victor. Les historiens le soupçonnent d'avoir pillé la bibliothèque de l'abbaye dont les ouvrages connus par un inventaire du XIIe siècle - notamment des manuscrits antiques - ont disparu. Mazarin, abbé de Saint-Victor en 1655 est lui aussi soupçonné de s'être accaparé une partie de ces livres.
Le 17 décembre 1739, Clément XII décrète la laïcisation de l'abbaye, affectée à la seule noblesse provençale.
En 1794, l'abbaye et les deux églises sont dépouillées de leurs trésors, les reliques sont brûlées, l'or et l'argent servent à battre des monnaies et le lieu devient un dépôt de paille et de foin et même une prison. Selon Joseph Marchand, si l'église a été conservée, c'est parce qu'elle abritait des forçats. C'est ce même Joseph Marchand qui laissera des témoignages montrant que le cloître servit à héberger les soldats appelés les allobroges.
En 1963, la ville de Marseille et le Ministère des Affaires Culturelles démarrent des fouilles et une restauration complète de l'abbaye qui entre à l'Inventaire des monuments historiques en 1997.