Musée Cantini
Adresse : 19 rue Grignan - 13006 Marseille
Tél: +33 4 91 54 77 75
Horaires : Ouvert tous les jours de 10h à 17h du 01/10 au 31/05 et de 11h à 18h du 01/06 au 30/09. Fermeture hebdomadaire le lundi et les jours fériés.
Prix : Plein tariff 3 €, Tarif réduit 1.50 €, Tarif étudiant 1 €
Le célèbre marbrier Jules Cantini, qui avait acquis en 1888 ce très bel hôtel particulier édifié en 1694, en fit don à la ville en 1916 afin qu'il devienne un musée consacré à l'art de notre temps. Ce musée abrite aujourd'hui une des plus belles collections publiques françaises couvrant principalement la période 1900-1960, les décennies suivantes étant représentées dans le cadre du MAC (Galeries Contemporaines des Musées de Marseille).
La présentation de la collection s'articule autour des séquences suivantes :
Néo-impressionnisme, fauvisme et premier cubisme : Paul Signac (Entrée du Port de Marseille, 1918), André Derain (Pinède, Cassis, 1907, qui porte en germe le passage du fauvisme au cubisme), Auguste Chabaud, Charles Camoin, Alfred Lombard. Cinq paysages de Raoul Dufy réalisés à l'Estaque en 1908 témoignent de l'importance de ce lieu dans l'élaboration du cubisme.
L'entre-deux-guerres : Des pièces majeures de Vassily Kandinsky, Frantisek Kupka, Jacques Villon, Jean Hélion (Composition verticale, 1936), Alberto Magnelli (Pierres n°2, 1932), Laure Garcin (Les Hommes et la machine, 1932) et Julio Gonzalez (Danseuse à la palette, vers 1934) illustrent quelques-uns des développements de l'abstraction dans les années 30.
Le surréalisme et Marseille : En 1940 et au début de 1941, au moment du grand exil des intellectuels français, les membres du groupe surréaliste décident de gagner la zone libre ou l'étranger. Beaucoup d'entre eux se retrouvent ou se croisent à Marseille. Ce mouvement est particulièrement bien représenté par des oeuvres majeures de Roberto Matta (Contra vosotros asesinos de palomas, 1950), Max Ernst (Monument aux oiseaux, 1927), Wifredo Lam, Jean Arp (Genèse, 1944), Francis Picabia, André Masson (Antille, 1943, Le Terrier, 1946), Joseph Cornell (Flat sand box, vers 1950) et Victor Brauner (la donation Brauner, qui a été attribuée au Musée Cantini en 1988, est actuellement présentée dans son intégralité).
L'après-guerre et les années 50-60 : Si les oeuvres de Luis Fernandez (Paysage marine n°4) et de Pablo Picasso (Tête de femme souriante, 1943) témoignent des multiples métamorphoses de la figuration au lendemain de la guerre, les années 50 virent un nouveau courant abstrait traverser l'art occidental, s'exprimant en des trajectoires parfois directement engendrées par les derniers développements de l'aventure surréaliste : Camille Bryen (Catharsigne, 1954), Simon Hantaï, Jean-Paul Riopelle (Crépusculaire, 1953), Philippe Hosiasson et les artistes japonais Kasuo Shiraga et Jiro Yoshihara (Peinture, 1958), membres du groupe Gutaï.
Les années 70-80 - Les grandes individualités : La continuation de l'aventure non-figurative est illustrée par des oeuvres de Arpad Szenes (L'Epave, 1971), Maurice Estève (Javeleuse, 1978), Henri Michaux (Sans titre, vers 1982), etc. Soulignons enfin la présence, au sein de cette présentation de la collection, de quelques-unes des grandes individualités du vingtième siècle, créateurs dont le seul point commun est d'avoir mené leur itinéraire propre en dehors de tout regroupement et de toute tendance répertoriée : Jean Dubuffet (Vénus du trottoir, 1946), Alberto Giacometti (Portrait de Diego, 1957) Balthus (Le Baigneur, 1960, La Lampe, 1958 ) et Francis Bacon (Autoportrait, 1976).
Une salle est en outre réservée à la présentation de quelques-uns des plus beaux dessins de la collection du musée. Les oeuvres d'André Masson (Portrait de Hölderlin, 1939; La sphynge, 1944), Picabia (Transparences, 1932), Rothko (Sans titre, vers 1940-1942), Dubuffet (Portrait de Michel Tapié, 1946), Picasso (Crânes, 1945), Hopper (Etude pour "Sun in an empty room", vers 1963) - déjà connues du public -, voisinent avec de très récentes acquisitions : deux gouaches sans titre de Bram van Velde (1975 et 1978) et une nature morte de Giorgio Morandi (1959).