Musée du Vieux Marseille
Adresse : Maison Diamantée - Rue de la Prison - 13002 Marseille
Tél: +33 4 91 55 28 68
Fax: +33 4 91 55 28 66
Horaires: Ouvert tous les jours de 10h à 17h du 01/10 au 31/05 et de 11h à 18h du 01/06 au 30/09. Fermeture hebdomadaire le lundi et les jours fériés.
Tarifs: Plein tarif : 2 € Tarif réduit : 1 €
Le musée du Vieux-Marseille est né dans le grand mouvement folkloriste de la fin du XIXème siècle qui, en Provence, autour de Frédéric Mistral et du Félibrige, allait connaître une puissance particulière. A cette époque, un groupe de Marseillais, "Lou Cremascle" (la crémaillère) accumule autour d'une cuisine de pêcheurs des objets rares et anciens, symboles de la vie et des traditions provençales. Ce mouvement se poursuit avec la création en 1912 du Comité du Vieux-Marseille dont le but est d'ouvrir un "musée marseillais" au Parc Chanot dans des bâtiments hérités des expositions coloniales.
Des donations et legs, le soutien des Maires de Marseille et des grandes familles de la Ville feront du Musée du Vieux-Marseille le second de France, après le Museon Arlaten, pour l'intérêt de ses collections ethnographiques.
Après les préjudices de la Seconde Guerre Mondiale, le Comité du Vieux-Marseille installera en 1967 ses collections dans la Maison Diamantée dont il avait hérité, avant de les céder à la Ville de Marseille devenue définitivement propriétaire en 1990, à charge pour celle-ci d'y créer un musée de l'identité marseillaise.
La Maison Diamantée occupe une place privilégiée dans le quartier du Vieux-Port, au coeur de l'ensemble prestigieux des bâtiments de l'Hôtel de Ville. Construite à la fin du XVIème siècle, la Maison Diamantée, est, avec l'Hôtel de Cabre, l'une des plus anciennes demeures de Marseille. Elle s'élève à proximité du quai grec sur les vestiges de demeures antiques et médiévales.
Après avoir été édifiée par de riches commanditaires d'origines espagnole et italienne, la Maison Diamantée sera habitée par de grandes familles, comme celle du Premier Echevin de la Ville Pierre de Saboulin-Bolléna ou les Castellane Majastre. Elle sera morcelée sous la Révolution et abritera à la fin du XIXème siècle les travailleurs du port et les immigrés italiens.
En 1914, elle est sauvée de la ruine par Marie-Rose Gautier-Gondran et rachetée par l'Association "Art et Charité" qui la lègue par la suite au Comité du Vieux-Marseille. En 1943, elle échappe aux destructions des vieux quartiers décidées par les autorités allemandes.
La Maison Diamantée est de ce fait, aujourd'hui, un des rares symboles de la ville ancienne disparue et des demeures patriciennes du riche quartier du Corps de Ville voué à la mer et au négoce. Elle est le plus ancien bâtiment du patrimoine communal, classée monument historique depuis le 10 novembre 1925.
Une légende perpétuée de nos jours par les Marseillais selon la tradition orale la présente comme étant le Palais du "Bon Roi René" d'Anjou, Comte de Provence. Curiosité esthétique de la Provence moderne, la Maison Diamantée est exceptionnelle par le décor de bossages en pointes de diamants.
On considérait il y a peu de temps qu'elle avait été édifiée en 1570 par un judéo-espagnol Pierre Gardiolle, marchand d'origine catalane enrichi par le commerce avec le Levant. Mais des travaux plus récents suggèrent que la façade et l'escalier pourraient dater des années 1593-1620; l'essentiel des constructions serait alors dû au contrôleur d'artillerie Nicolas de Robbio, d'origine piémontaise, ce qui expliquerait l'aspect quasi militaire de cet ensemble un peu froid rappelant la Méditerranée de Philippe II et dont le langage serait celui du maniérisme.
L'histoire de la Maison Diamantée reflète donc le riche passé d'une cité très tôt ouverte aux grands échanges et aux influences méditerranéennes.