Arc de Triomphe
Adresse: à l'entrée de la place de la Carrière
L'Arc de Triomphe a été élevé à la gloire de Louis XV en même temps que la Place Stanislas. Cette porte monumentale fut construite au milieu des remparts qui séparaient la Ville-Vieille de la Ville-Neuve. Elle évoque les arcs de triomphe que les empereurs romains érigeaient à leur propre gloire, particulièrement celui de Septime Sévère à Rome.
Emmanuel Héré allégea son modèle en réduisant le nombre des colonnes et en détachant le volume de l'avant-corps. Les travaux se poursuivirent de 1753 à 1755, en intégrant dans l'ouvrage trois bas-reliefs provenant de la porte monumentale élevée par les occupants français à la gloire de Louis XIV.
Le Maréchal de Belle-Isle, Gouverneur des Trois-Evêchés, s'opposa longtemps (pour des raisons tactiques) au projet de Stanislas d'interrompre la courtine séparant les ville vieille et ville neuve par un arc de triomphe. Une solution intermédiaire fut adoptée en incluant le sommet de l'arc dans le chemin de ronde. La largeur de l'arc de triomphe reflète l'épaisseur des murs qui ceignaient la ville vieille.
Le thème récurent du décor est la guerre et la paix (ponctué par des branches de laurier entrelacées avec celles d'olivier). Ce programme décoratif fait référence à la victoire de Maurice de Saxe à Fontenoy (1745) et à la Paix d'Aix-la-Chapelle (1748), d'où les dédicaces du monument (sur tables de marbre noir) " Au Prince victorieux " et " Au Prince pacifique " définissant le roi de France comme " Terreur des ennemis, artisan des traités, gloire et amour de son peuple ".
Le couronnement doré du monument encadre d'ailleurs l'ovale à l'effigie de Louis XV présentée par le génie de l'Histoire à la Victoire et à la Paix. La statue (œuvre de 1823 du "prix de Rome" Jaquot) de Stanislas, implantée au centre de la place qui porte son nom, désigne de l'index ce médaillon frappé du profil de son gendre Louis XV.
Le sommet de la porte s'orne de trophées militaires alternant avec des les statues de la Félicité publique, de Minerve, de Mars et d'Hercule au repos (copie du célèbre Hercule Farnèse). Sur les bas relief de marbre (subsistant de la porte Louis XIV) Apollon charmant les animaux de sa lyre, Apollon tuant le serpent Python, une ruche, les attributs des arts et de la science, des armes, une corne d'abondance, renvoient au même thème.
Le revers de l'arc comporte une délicate décoration surtout sensible au niveau de la découpe de sa balustrade et de deux bas-reliefs se référant aux arts libéraux et à la guerre. Une récente restauration met l'accent sur la polychromie du monument : enduit ocre jaune, bas-reliefs rehaussés de gris, médaillons de marbre noir et dorure à la feuille.