Abbatiale Saint Ouen
Adresse: Place du Général de Gaulle, 76000 Rouen
Horaires: Du 1er avril au 31 octobre : ouvert tous les jours, sauf le mardi, de 10h à 12h et de 14h à 17h30. Du 1er novembre au 31 mars : ouvert le samedi et le dimanche de 10h à 12h et de 14h à 17h.
L'abbaye bénédictine de Saint-Ouen a été fondée, sans doute vers 750, autour d'une basilique funéraire mérovingienne dans laquelle l'évêque de Rouen saint Ouen avait été inhumé en 684. De cette abbaye qui abrita la vie monastique jusqu'en 1790, il reste l'église, une galerie du cloître des XVe et XVIe siècles et le dortoir des moines du XVIIIe siècle occupé par l'Hôtel de Ville depuis 1800.
Bien que la construction de l'église actuelle ait duré plus de deux siècles, de 1318 à1549, son unité est parfaite car les architectes successifs ont respecté le plan initialement prévu. On peut donc considérer que c'est un édifice du XIVe siècle, l'un des rares grands monuments de l'art gothique rayonnant.
Ses proportions sont imposantes : 137 mètres de long, 26 mètres de large, dont 11 pour le seul vaisseau central, et 33 mètres sous voûtes. L'effet d'élancement est accentué par la multiplication des lignes verticales et, dans la nef, par l'absence de chapelles. Les maîtres d'œuvre ont poussé la technique du gothique aux limites du possible : les piliers sont très fins et les murs sont percés, aux trois niveaux, de vastes fenêtres qui procurent une luminosité exceptionnelle. Ces fenêtres sont pourvues de merveilleuses verrières du XIVe siècle dans le chœur, du XVe siècle dans le transept et du XVIe siècle dans la nef. Des scènes de vies de saints sont présentées dans les chapelles qui s'ouvrent sur le déambulatoire et dans les bas-côtés de la nef, tandis que les grands personnages de l'Ancien et du Nouveau Testament ont trouvé place dans les fenêtres hautes. La crucifixion du chœur et la rose de façade sont modernes.
L'église abrite un orgue très célèbre, réalisé en 1890 par Aristide Cavaillé-Coll dans le grand buffet en chêne construit en 1630 contre la façade. Cet instrument de 64 jeux répartis sur quatre claviers manuels et un pédalier comprend au total 3914 tuyaux ! Charles-Marie Widor qui l'a inauguré le 17 avril 1890 l'avait qualifié d'orgue à la Michel Ange.
Le portail des Marmousets (fin XIVe - début XVe siècle) qui donne accès au bras sud du transept est très intéressant avec son tympan représentant la Dormition, l'Assomption et le Couronnement de la Vierge, ses quadrilobes, qui retracent la vie et les miracles de Saint Ouen, et son porche à clés pendantes.
En contournant le chevet, épaulé par une belle batterie d'arcs-boutants, on atteint l'ancien dortoir transformé en Hôtel de Ville en 1800. C'est un grand bâtiment classique qui était tout juste achevé lorsque les moines ont quitté l'abbaye en 1790. Adossé au bras nord du transept, la Tour aux Clercs est l'unique vestige de l'église romane qui a précédé l'église actuelle.
S'il est ouvert, on peut traverser le vestibule d'honneur de l'Hôtel de Ville. On passe alors au pied du grand escalier et devant les statues de Jeanne d'Arc et de Pierre Corneille.
La place du Général de Gaulle a été aménagée au XIXe siècle en faisant table rase des derniers bâtiments conventuels anciens, à l'exception de la galerie de cloître adossé à la nef de l'église. De ce côté l'ancien dortoir a été lourdement modifié.
On ne s'attardera pas devant la façade occidentale qui a été reconstruite au XIXe siècle.
Au sud de l'abbatiale et des jardins, la rue des Faulx présente, elle aussi, un intéressant ensemble de maisons à pans de bois.
A la hauteur du passage de la Petite Horloge, deux d'entre elles possèdent encore leur " oriol ", petite construction qui émerge des toitures au-dessus de la cage d'escalier. Plusieurs ruelles extrêmement étroites et très pittoresques relient la rue des Faulx à la rue Eau de Robec.